Marc Alaux

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Massif du Khan-Khöökhi – Uvs (Mongolie)
Année 2004
© Laurent Barroo
Assistant d’édition. Fin connaisseur et sympathisant du monde mongol.

Le doux chant des heures d’été


« Ma passion pour la Mongolie n’est pas un appétit d’enfant qui se contente d’une fois. C’est l’amour d’une vie, du moins je le crois. Revenu du premier voyage, j’entendis l’appel de la steppe au langage de laquelle j’étais devenu perméable. Je l’avais étudiée comme nombril des empires nomades ; j’en fis la maîtresse de mes rêves. Incapable de refuser le départ, j’y répondis brièvement durant l’hiver 2003, puis longuement avec Laurent Barroo en 2004. J’étais resté dépendant de cette lande. Elle agissait sur moi comme un philtre puissant dont les effets ne cessent pas, si bien que poussait en mon cœur une fleur sauvage, un désir de liberté qui ne se renie pas. J’aurais remué ciel et terre pour y retourner et oublier les matins amers auxquels condamne un salaire modeste. J’avais besoin d’enrichir ma vie d’une matière impalpable, de combattre le conformisme, l’hypocrisie, la soumission, d’échapper à l’écrasant urbanisme parisien et de braver les plans des architectes de notre destin. Mais pourquoi l’herbe sèche et la poussière volatile de ce plateau d’Asie me hantaient-elles ? La vision fanée, cristallisée de la Mongolie qu’en donnent les photographes, si elle légitimait peut-être mon premier séjour, n’était pas à l’origine des autres. Le sortilège des symboles se dissipait. Le mythe romantique ou mystique de la Mongolie s’était éteint. Documentaires et images colorées ne trouvaient plus d’écho en moi, et les rêves de bohème ou d’aventure avaient fondu. Parce qu’une vision nouvelle de la Mongolie renaissait sur les ruines de mes illusions, je développais et je développe plus puissamment encore pour cette terre d’Asie continentale une attirance instinctive, une passion tenace qui m’oblige à découvrir tout ce qui s’écrit sur le sujet et me fait y retourner sans lassitude ni raison. »


Extrait de :

Sous les yourtes de Mongolie, Avec les Fils de la steppe
(p. 191-192, Transboréal, 2007, 3e éd. 2016)


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